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Histoire de la Dermatite Atopique

Histoire de la Dermatite Atopique

Histoire de la Dermatite Atopique

Le terme de dermatite atopique a été créé en 1933, mais la maladie existe depuis longtemps. Le Dr Daniel Wallach nous raconte l’histoire de la dermatite atopique.

 

1 – L’histoire de la dermatite atopique n’est pas récente

L’écrivain romain Suétone (v. 70-122) nous apprend que l’empereur Auguste souffrait d’une maladie respiratoire saisonnière et d’une maladie de peau très prurigineuse. Deux autres membres de la famille impériale présentaient des symptômes similaires. Tous les médecins qui ont écrit sur les maladies de peau ont parlé d’une maladie suintante et prurigineuse qui atteignait les nourrissons et commençait au niveau du visage ou de la tête. Ils lui ont donné divers noms mais n’y attachaient pas particulièrement d’importance. En effet, jusqu’au XIXe siècle, on croyait que les maladies de peau étaient une façon d’éliminer les humeurs nocives et il n’était donc pas particulièrement conseillé de les soigner.

À partir de 1800 environ, les médecins commencnt à regarder plus en détail les maladies de peau. L’anglais Thomas Bateman a le premier précisé le sens du mot eczéma, utilisé depuis l’Antiquité pour désigner une éruption semblable à l’eau qui bout. Tout au long du XIXe siècle, plusieurs auteurs décrivent des eczémas, et notamment des eczémas chroniques, des eczémas des enfants, des eczémas de la tête et du visage, dans lesquels on peut reconnaître notre dermatite atopique. Mais ils lui donnent d’autres noms : lichen, achore, teigne, prurigo, porrigo, strophulus, et parfois aussi eczéma.

Erasmus Wilson, un des plus talentueux dermatologistes britanniques du XIXesiècle, donne dans les années 1850 une excellente description de l’eczéma infantile, en insistant bien sur sa gravité. À la même époque, une autre maladie prurigineuse chronique est décrite à Vienne par Ferdinand von Hebra, qu’on a appelé le « Monsieur Dermatologie » du XIXe siècle. Il l’appelle le prurigo, parce qu’elle est terriblement prurigineuse et dure toute la vie.

En 1892, Ernest Besnier, chef de file de la dermatologie française, décrit un prurigo un peu différent de celui de Hebra, qu’il a appelé le prurigo diathésique. Le mot diathèse ne signifie plus rien aujourd’hui. Mais à cette époque, il est employé comme un synonyme de terrain, de prédisposition. On parle de diathèse tuberculeuse, par exemple. Le prurigo diathésique est donc une maladie caractérisée avant tout par un prurit. Quant aux lésions cutanées (eczéma, lichénification, stries, excoriations), elles sont toutes secondaires au prurit et au grattage qu’il déclenche.

 

2 – 1933 : date clé de l’histoire de la dermatite atopique

On doit plutôt dire date de baptême. En 1933, Fred Wise et Marion Sulzberger, deux dermatologues américains, analysent les connaissances de l’époque sur les dermatoses chroniques du groupe des eczémas et des prurigos. On connait leurs aspects cliniques, assez compliqués, mais on dispose aussi des données issues d’une nouvelle science, l’immunologie, ou plus précisément l’immuno-allergologie. On étudie depuis le début du XXe siècle les réactions d’hypersensibilité, ou allergies. Parmi ces réactions, certaines sont particulières parce qu’elles surviennent dans certaines familles et s’exercent vis-à-vis de substances très présentes dans notre environnement. Pour désigner ce type d’hypersensibilité, est créé en 1923 un nouveau nom à partir d’un mot grec signifiant « sans place particulière » : atopie. L’atopie, c’est une prédisposition familiale héréditaire à certaines maladies : l’asthme, les rhino-conjonctivites allergiques, certaines intolérances digestives. L’atopie se caractérise par des tests positifs à des substances bien définies, dont des aliments, des poils animaux, des pollens. Comme de nombreux enfants (et adultes) atteints d’eczéma présentent de tels tests positifs (tests cutanés et tests sanguins), Wise et Sulzberger proposent d’appeler cette forme particulière d’eczéma avec tests positifs la « dermatite atopique ».

Le terme ne s’impose pas tout de suite. On continue à parler d’eczéma. En France, on parle surtout « eczéma constitutionnel ». En Allemagne, on dit « neurodermite ». Mais petit à petit, tout le monde a adopté le terme de dermatite atopique. Sans entrer dans des discussions complexes, disons qu’actuellement les deux termes « dermatite atopique » et « eczéma atopique » sont souvent employés comme des synonymes.

Stéphanie Merhand
Stéphanie Merhand
Fondatrice de l'Association Française d'eczéma.

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