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Les idées reçues sur la dermatite atopique

Idées reçues sur la dermatite atopique

Idées reçues sur la dermatite atopique

La dermatite atopique, ne peut s’expliquer par une cause unique, mais un ensemble de facteurs qui interagissent entre eux de façon complexe. Et si, même actuellement, on ne comprend pas très bien le mécanisme de la dermatite atopique, on imagine facilement que nos prédécesseurs ne le comprenaient pas du tout. Voyons un peu les idées reçues sur la dermatite atopique grâce au Dr Daniel Wallach.

Première idée reçue sur la dermatite atopique : une maladie des humeurs ?

La première des idées reçues sur la dermatite atopique est encore récente. Sous l’influence de la théorie hippocratique qui a dominé la médecine jusqu’au XIXesiècle, on pensait que les humeurs contenues dans le corps régissaient la santé. Une maladie, c’est une humeur qui se déplace ou s’accumule anormalement et doit être éliminée. Pour l’éliminer, on utilisait des lavements, des saignées, des diurétiques (pour augmenter l’élimination urinaire)… . La peau était considérée comme un émonctoire, organe servant à l’élimination des humeurs nocives. Il était très déconseillé de soigner un suintement parce que la maladie pouvait « rentrer », se déplacer et occasionner des maladies internes. L’idée qu’il ne faut pas soigner les eczémas a donc perduré très longtemps parmi les médecins et certaines personnes y croient encore. C’est évidemment totalement faux. Au contraire, soigner précocement et efficacement la dermatite atopique est le meilleur moyen de la combattre.

Seconde idée reçue sur la dermatite atopique : une maladie digestive ? 

La théorie digestive, ou alimentaire, de la dermatite atopique, a séduit beaucoup de médecins (et de parents), particulièrement à la fin du XIXe siècle, mais aussi ensuite. On pensait que le lait était la cause de l’eczéma des enfants. Pourquoi ? Parce que la nourrice est trop âgée, ou triste (on ne disait pas « stressée »), parce que le lait est trop gras, ou pas assez gras, parce qu’il contient des protéines allergisantes… . En réalité, l’allergie aux protéines du lait de vache existe bien, mais elle induit d’autres symptômes, et pas une dermatite atopique. Il est donc inutile de faire des tests cutanés ou sanguins à ces protéines chez les enfants qui présentent une dermatite atopique sans autre signe. Un test positif ne signifie pas une intolérance (c’est vrai aussi pour les œufs et les autres aliments). Malgré cela, de nombreux enfants ont été soumis à toutes sortes de régimes, régimes fantaisistes ou régimes d’éviction inutiles, au risque de provoquer des carences dangereuses.

Troisième idée reçue sur la dermatite atopique : une maladie infectieuse ?

À la suite des découvertes de Pasteur et de ses élèves, on a pensé que toutes les maladies avaient une cause infectieuse et on a cherché le microbe de l’eczéma. Certains ont même cru le trouver, ce qui a occasionné de nombreuses discussions vers 1900. En fait, on le sait aujourd’hui, la dermatite atopique n’est pas une maladie infectieuse et elle n’est pas non plus contagieuse.

Mais la dermatite atopique entretient des rapports particuliers avec les microbes, et notamment avec les bactéries de la surface de la peau qui constituent le microbiome cutané, très étudié depuis quelques années. Normalement, ces bactéries sont nombreuses et variées. C’est ce qu’on appelle la diversité bactérienne. Mais en cas de poussée de dermatite atopique, cette diversité disparaît au profit d’une seule espèce, les staphylocoques dorés, qui deviennent prédominants. On appelle ce phénomène une dysbiose.

Un autre microbe a des rapports particuliers avec la dermatite atopique, c’est le virus de l’herpès. Les personnes atopiques y sont particulièrement sensibles et peuvent présenter des herpès graves.

Quatrième idée reçue sur la dermatite atopique : une maladie allergique ?

On a vu que la positivité des tests cutanés et sanguins à des antigènes particuliers (pollens, aliments…) a servi à définir la dermatite atopique. Mais, on le sait maintenant, ni des tests positifs, ni des IgE élevées ne sont véritablement utiles pour le diagnostic, et encore moins pour le traitement. D’ailleurs, environ un tiers des patients atteints de dermatite atopique ont des tests négatifs et des IgE normales. En matière de dermatite atopique, les traitements allergologiques, qu’il s’agisse des évictions ou des désensibilisations, ne sont pas indiqués, sauf cas très particuliers.

Cinquième idée reçue sur la dermatite atopique : une maladie psychologique ?

Les idées reçues sur la dermatite atopique, concernent aussi la psychologie. Comme tous les malades chroniques, les patients atteints de dermatite atopique en souffrent psychologiquement. Certains d’entre eux ont même des poussées provoquées par les stress. Quant au prurit, il dépend du système nerveux, qui a des connexions étroites avec la peau.

Stéphanie Merhand
Stéphanie Merhand
Fondatrice de l'Association Française d'eczéma.

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